Les jeunes et Internet : usages et pratiques

par Jean-Luc Raymond le 23 septembre 2008

Le CRIOC (Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs, Belgique) vient de mettre en ligne une étude réalisée en juin 2008 avec le soutien de la Commission Européenne et en collaboration avec SaferInternet.be sur le thème « Les jeunes et Internet » établie sur la base de plus de 2500 interviews téléphoniques et de groupes de discussion avec les jeunes. Objectif de cette étude : Décrire les habitudes des jeunes en matière d’usage d’Internet et préciser leurs comportements de consommation et leurs attitudes face à internet.

Dans un document téléchargeable de 66 pages (au format pdf), l’étude « Les Jeunes et Internet » indique et précise les modes d’accès à Internet, les utilisations des jeux vidéo et d’Internet et les risques associés à ce média : Accès des jeunes aux médias et à internet ; Jeux (type, pratique, durée, préférences, financement, origine) ; Internet (fréquentation, surf, préados, téléchargement, courriel, chat, forum, blog, actions, sites préférés) ; Gestion des risques (sites à risque, sécurité, gestion des risques, contrôle parental) avant de conclure et d’apporter des recommandations aux pouvoirs publics.

Les jeunes et internet : quelles pratiques ?

Quelques faits statistiques soulignés par cette étude « Les Jeunes et Internet » :

  • Un jeune sur trois a de l’équipement média dans sa chambre, sous forme d’un poste de télévision pour 1 jeune sur 2 et d’une radio pour 8 jeunes sur 10.
  • Les taux d’équipement média varient selon les groupes sociaux. Plus le jeune appartient à un groupe social bas, plus le taux d’équipement est bas.
  • Les garçons déclarent jouer en moyenne 10 fois par semaine (sur console ou sur ordinateur), pour 4 fois seulement du côté des filles.
  • Deux tiers des jeunes téléchargent de la musique sur Internet, avec une fréquence moyenne de 7,8 fois par semaine !
  • 74% des élèves encore à l’école primaire chattent déjà. En secondaire, le taux passe à 84 % et se maintient au dessus des 80% jusqu’à l’arrivée à l’âge adulte. La fréquence moyenne est de 9,6 fois par semaine : ouvrir une session fait partie du quotidien des jeunes sur Internet.
  • Un jeune sur dix cite spontanément un site commercial sur lequel il achète, vend, troque, participe à des enchères, ou cherche à s’informer des prix. Les deux types de sites les plus fréquentés, jeux et partage (musique, vidéos), requièrent parfois certaines opérations financières.
  • Le contrôle parental s’exerce la plupart du temps en limitant le nombre d’heures de surf par jour (pour plus de 4 jeunes sur 10 à en moyenne 1,7 heure par jour), et par la vérification des sites visités. Deux jeunes sur cinq déclarent être globalement contrôlés dans leurs pratiques en ligne. Avant 12-13 ans, le contrôle parental porte sur le contenu et le temps, pour se limiter uniquement au contrôle du timing du surf chez les jeunes de plus de 13 ans.
  • Fait rarement souligné jusqu’à maintenant : la convergence croissante des médias TV/GSM/WEB augmente encore le risque d’abus et de dérapages que les mineurs ont à gérer de plus en plus jeunes.

Internet : média commercial

En fin d’étude, le CRIOC rappelle dans sa conclusion qu’Internet est un média commercial par excellence et que s’il est un média interactif, il peut aussi s’avérer manipulateur. Les jeunes sont sollicités pour fournir des renseignements personnels et privés et les sollicitations commerciales pullulent.

Recommandations

En terme de recommandations, le CRIOC souligne que des problèmes en matière de protection des mineurs doivent être solutionnés notamment sur les notions de respect des pratiques de commerce en ligne, de respect de la vie privée, des  nouvelles pratiques publicitaires (notamment le marketing viral), de respect du droit à l’information et à la copie privé, de dépendance aux jeux, de divers risques en ligne (arnaques et influences commerciales) et sur la commercialisation croissante des univers virtuels que les enfants et les jeunes visitent (réseaux sociaux, jeux en ligne, mondes virtuels…).

Le rôle des EPN dans l’éducation au multimédia clairement souligné

L’organisme rend aussi compte du rôle joué par l’accès public et notamment les EPN (Espaces Publics Numériques) :

« Si la fracture numérique de premier degrés’est réduite, les pouvoirs publics doivent continuer àencourager l’utilisation des technologies de l’information et de la communication dans les lieux publics, les lieux de vie et d’enseignement et faciliter le développement de contenus publics adaptés, libres de droit et susceptibles d’être utilisés par les jeunes. »

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